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Shop│Les fleurs de Stéphane Chapelle

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Il est le fleuriste de Chanel, L’Oréal ou encore de la Comédie française et cultive l’amour du végétal dans sa boutique éponyme, à Paris.

« J’ai découvert les fleurs en passant du temps dans les jardins, en compagnie de mon père, puis de ma grand-mère. J’ai fais des études d’horticulture, passé des diplômes et fais la rencontre de Christine Ovier, en Normandie, dans la boutique Au Lys Blanc. J’ai fais ensuite mon service militaire, au retour duquel j’ai pris la direction de Paris. J’ai travaillé chez Jean-Michel Mertens à Maisons-Altfort, qui était, à l’époque, champion du monde des fleuristes, depuis 20 ans, chez qui j’ai appris énormément de techniques ainsi que la maîtrise des couleurs. Puis, j’ai travaillé chez Christian Tortu pendant 3 ans, avant d’ouvrir ma propre boutique, à Paris« .

Comment l’aventure de la boutique rue de Richelieu est-elle née ?
Je travaillais chez Christian Tortu, dans le 6è arrondissement de Paris, Rive Gauche, quand j’ai eu envie de me lancer dans ma propre aventure. Vis à vis de Christian, il était hors de question pour moi de m’installer à proximité. J’ai donc choisi la rive droite. Je cherchais un arrondissement central, pour avoir une adresse internationale. Un jour, alors que je me promenais à pied – en compagnie du chien de Christian – j’ai trouvé une boutique, rue de Richelieu. N’ayant pas les moyens d’acheter, à l’époque, j’ai fais une location sans cession. Je ne connaissais pas du tout le quartier mais j’ai aperçu le Louvre à 200 mètres et je me suis dit que ce devait être un bon endroit ! Le 1er arrondissement a passé les époques. Il est chargé d’histoire et comme intemporel. C’est un mot qui revient souvent dans ce que j’aime.

Y a t-il des rencontres qui ont tout changé pour vous ?
Il y en a plusieurs. La première certainement la plus importante est celle avec qui j’ai tout appris : Christine Ovier. C’est elle qui m’as fais découvrir le métier, donné envie de m’y plonger et je n’aurais jamais cru, d’un regard extérieur, que cela puisse être aussi passionnant. La seconde est Jean-Michel Mertens qui est un véritable artisan, au talent énorme. C’est un touche à tout complet, aussi bien en photo, que sur le travail du bois ou encore du fer. Enfin, la troisième est Christian Tortu, qui était lui, beaucoup plus libéré créativement parlant. Il m’a appris à aimer les fleurs d’une manière différente. Ces trois rencontres sont complémentaires. Il m’est impossible d’en choisir une plutôt qu’une autre. J’ai énormément de chance car ce sont les seules personnes chez qui j’ai travaillé. Si je devais résumer, je dirais qu’elles m’ont toutes apportées, tour à tour, le goût de l’art, de la création, avec toute la rigueur nécessaire d’un côté et l’extravagance et le panache, de l’autre.

Quel est votre quotidien ?
C’est difficile à résumer. Aucune journée ne se ressemble. Il y a les achats, bien sûr. Ceux qui sont spontanés et puis ceux qui sont spécifiques, en fonction des demandes des clients. Ceux que l’on trouve avec envie, en fonction des saisonnalités, et ceux que l’on nous demande. Les derniers sont les plus compliqués. Souvent, nous sommes les yeux d’un client. Il faut donc être à la hauteur de ses attentes.
La fleur est un produit formidable, à regarder, à sentir, à manipuler, mais elle demande énormément d’attention. C’est un produit qui porte la vie, il faut en prendre soin, tant dans la mise à l’eau que dans le nettoyage des feuilles, des tiges, des fleurs. C’est un produit périssable. Du coup, la plupart des clients en achètent ou en offrent au dernier moment. On reçoit des commandes 2 heures avant livraison ou une demi-journée avant, dans des délais très courts, qu’il est difficile de prévoir.

Et puis, dans mon travail, il y a beaucoup de rendez-vous, des rencontres sur le terrain, des projets de décor, des croquis, des prototypes.

Je suis là pour donner le rythme, à l’aide de mes collaborateurs. Et pour être à l’écoute, d’eux et de tout ce qui nous entoure. Un peu comme dans la mode, où il faut sans cesse être à l’affut des nouvelles et dernières tendances.

Quel est votre souvenir le plus incroyable ?
Les 10 ans de la boutique fêtés avec nos clients, à la Comédie Française, à l’automne 2008. Avec spectacle et cocktails. Cela fait parti des moments inoubliables et émouvants de l’aventure. C’était fleuri et humain. Ou encore une table de 40 mètres de long avec un travail très pointu, que nous avons fait pour Chanel au Trianon, au Château de Versailles. Des souvenirs, il y en a plein. Ce sont souvent des souvenirs partagés. De rencontres et de personnes. Ce ne sont pas les créations ou les décors les plus onéreux qui ont produits les meilleurs souvenirs. Ce sont les gens.

Pour lui rendre visite :
29, rue de Richelieu 75001 Paris
+33(0)1 40 20 97 63
boutique@stephane-chapelle.fr
www.stephane-chapelle.fr

Garance est mannequin et actrice. Elle a travaillé pour Chanel, Chloé, Vivienne Westwood, Sonia Rykiel ou encore Burberry et est apparu en interview ou couverture de Nylon magazine, Stylist ou Paulette. Passionnée de littérature et de cinéma, elle est co-éditrice de Monografe Journal.