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Rester Vertical, Alain Guiraudie, Cannes 2016

Cannes 2016 │ Et puis s’en va

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Il est de bon ton de dédaigner le cinéma différent, qu’il soit curieux ou indépendant, ce cinéma qui manquerait de souffle, d’audace, d’inspiration, de renouvellement. Il y en avait partout cette année, à Cannes, à commencer par la sélection parallèle de l’ACID et celle de la Semaine de la Critique. On a été emballé, de toutes parts, de toute pièce, partout et en chaque endroit, sauf dans le palmarès. De Cannes 2016, on retiendra le fabuleux parc de Damien Manivel, les premiers pas graves de Julia Ducournau, le souffle en apnée de Jean-Christophe Meurice, les merveilleuses Vies de Thérèse de Sébastien Lifshitz, The Neon Demon, Ma Loute bien sûr mais également – et surtout – les géniaux Toni Erdmann et Rester Vertical d’Alain Guiraudie.

Drôle de cérémonie de clôture donc qui a acclamé un cinéma intelligent, « le cinéma a besoin Cannes », c’est ce qui s’est dit. Mais est-ce vraiment de ce Cannes là ?

Il s’agit peut-être d’offrir d’autres points de vue, de défaire le cinéma du « dispositif standard du festival » avec lequel le jury s’est un peu trop entretenu. Il s’agit d’assurer la continuité mutante créative des jeunes auteur(e)s à l’heure de l’éparpillement des images, des distributions et des spectateurs. Car le cinéma qui était à Cannes cette année, ce cinéma-là, oui, ne manquait ni d’audace ni de créativité, il manquait d’une voix qu’on ne lui a pas donné. C’est à ce cinéma pourtant que l’on doit l’enthousiasme qui a était le nôtre et celui de nos confrères pendant toute la Quinzaine. Bien sûr la Caméra d’Or à Divines nous rassure mais le propre de ce vent de fraîcheur s’appartient-il encore ? Il nous appartient d’en parler, en tout cas. Après tout, l’histoire du cinéma peut en cacher une autre…

Le palmarès du 69e Festival de Cannes :

Palme d’or à Moi, Daniel Blake, du Britannique Ken Loach

Grand Prix à Juste la fin du monde, du Canadien Xavier Dolan

Prix de la mise en scène ex aequo au Français Olivier Assayas (pour Personal Shopper) et au Roumain Cristian Mungiu (pour Baccalauréat).

Prix du scénario à l’Iranien Asghar Farhadi pour Le Client (Forushande)

Prix d’interprétation féminine à Jaclyn Jose, pour son rôle dans Ma’Rosa, du Philippin Brillante Mendoza

Prix du jury à American Honey, de la Britannique Andrea Arnold

Prix d’interprétation masculine à Shahab Hosseini, pour son rôle dans Le Client (Forushande), de l’Iranien Asghar Farhadi

Caméra d’or à Divines, premier long-métrage de la Franco-Marocaine Houda Benyamina (Quinzaine des réalisateurs)

Palme d’or du court-métrage à Timecode, de l’Espagnol Juanjo Gimenez, ainsi qu’une mention spéciale du jury pour le Brésilien Joao Paulo Miranda Maria, pour La Jeune Fille Qui Dansait Avec Le Diable.

Rédacteur en Chef │Passionné de cinéma et par les nouvelles formes d'expression médiatiques, Thomas Carrié est Chef de groupe digital et Social Media au sein de l'agence de publicité Rosapark (groupe BETC). Il a travaillé pour Radio Nova et Canal+ Cinéma et a publié le fanzine culturel CRUMB pendant 5 ans. Il est le fondateur de Monografe.

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